Jun 202010
 

 

 

La journée commença réellement avec un mini voyage de quelques heures à Megijima (女木島), la “sœur” d’Ogijima (que je n’ai malheureusement pas visitée au cours de ce voyage-ci).

Environ deux fois plus grande que sa voisine, il me tardait de la découvrir enfin, craignant presque d’en tomber amoureux et d’en oublier Ogijima (ce qui poserait problème pour ce blog, avouons-le). Heureusement, il n’en fut rien ; mais malheureusement je dois avouer que je fus très déçu par Megijima. Certes je n’en ai pas tout vu, loin de là, mais le peu que j’en ai vu ne m’a pas du tout convaincu (en même temps, il n’y avait pas grand grand chose à voir). Car, l’an dernier, si je m’étais rendu sur Ogijima pour des raisons littéraires et cinématographiques, c’est bien son charme intrinsèque qui nous a séduits, 康代 et moi. Charme que l’on ne peut que découvrir sur place, cette île n’ayant rien de bien particulier à première vue (je suspecte même une bonne partie des habitants de Takamatsu de n’y avoir jamais mis les pieds). Megijima, de son côté, se targue avoir d’une histoire – elle serait en fait l’île légendaire Onigashima, l’Île des Ogres – des attractions touristiques (une statue de l’Île de Pâques, la Caverne des Oni, etc), mais au final et peut-être parce qu’elle crée ainsi des attentes, je n’y ai rien trouvé de bien intéressant.

Mais laissez-moi d’abord vous parler des Oni (que l’on traduit en général par Ogre en français à défaut de mieux).

L’Oni est une créature légendaire du Japon. Il trouve ses origines dans tout un tas d’anciennes légendes japonaises et chinoises, il est parfois comparé au démon occidental, parfois au troll ou à l’ogre.

De nos jours, ils sont le plus souvent représentés comme une créature patibulaire, de couleur le plus souvent rouge ou bleue (mais d’autres couleurs sont possibles), poilue et avec des cornes plus ou moins grosses ainsi que des canines saillantes. Ils sont en général uniquement vêtus d’un pagne en peau de tigre et armés d’un gros gourdin.

 

Statuette d'Oni

(celui-ci vient de Kyōto, pas de Megijima)


L’autre représentation commune de l’Oni est son masque du théâtre Nō, mais dans ce cas, il est souvent un symbole positif. Pour plus de détails, je vous conseille la page wikipedia qui est assez complète en français sur le sujet.

Et donc, quand on arrive à Megijima, on est accueilli par un Oni qui garde le port, celui-ci étant devenu le symbole de l’île.
Quand on s’en approche, on se rend compte qu’il n’est pas seul, mais accompagné de plusieurs petits Onis à ses pieds.

 

Megijima - Oni

 

 

 

Mais la chose la plus surprenante de l’île est en fait cette statue de l’Île de Pâques qui trône à côté du Visitor Center (qui a une exposition permanente sur les Onis et autres démons asiatiques assez intéressante… si on lit le japonais).

 

Megijima - Moai

 

Si j’ai bien tout compris, elle est là depuis octobre 1996 et il ne s’agit pas d’une statue authentique mais d’une recréation réalisée par un sculpteur de Kagawa nommé Kazuhiro Yamada pour le compte de la société Tadano, une entreprise de grues qui s’occupe d’un projet de restauration de Moaïs sur l’Île de Pâques. Cette statue fut construite pour tester les grues avant de les envoyer sur place pour soulever de véritables statues. Une fois ces tests réalisés et le projet mis en route, la statue fut léguée à la ville de Takamatsu qui décida de l’installer là (Megijima faisant administrativement partie de la ville de Takamatsu).

L’attraction principale de Megijima c’est la grotte située sous l’un des sommets de l’île. Il s’agit d’une grotte artificielle, une mine creusée il y a quelques siècles et qui aurait plus tard servi de repaires pour des pirates. De nos jours elle a été plutôt récupérée pour une autre histoire car elle serait la grotte des Onis de l’histoire de Momotarō.

Très brièvement, Momotarō est un personnage du folklore japonais dont l’histoire dit qu’il serait venu au monde dans une pêche géante (momo en japonais, ça veut dire pêche) qui flottait le long d’un fleuve et qui aurait été trouvée par un vieux couple sans enfant (dans une autre version, le couple trouve une pêche magique qui les rajeunit et leur permet d’avoir un enfant). Ayant atteint l’âge adulte, Momotarō, se rendit sur l’île Onigashima où une tribu d’Oni vivaient dans une grotte et terrorisaient la région. En chemin il rencontre un chien, un faisan et un singe qui deviennent ses amis et qui l’aident à vaincre les Oni et à les faire fuir.

Et c’est sur cette légende que l’exploitation de la grotte se base, du coup, on trouve un certain nombre de statues d’Oni autour et dans la grotte. Comme ça, ça pourrait avoir l’air intéressant, mais malheureusement les statues sont en plastique ou en plâtre peint (je ne suis pas trop sûr), ont un look très très kitsch (même pas “mignon” comme celles du port). Quant à la grotte elle-même, la plupart de ses parois sont bétonnées et elle est d’une mocheté effarante (de plus, l’entrée est de 500 ¥ !). Bref, un ratage total, à part pour les fans de trucs kitsch !

Là où il aurait pu être une bonne idée d’essayer de donner un aspect “authentique” à cette grotte, c’est-à-dire comme à l’époque où elle était occupée par des pirates, ceci avec une exposition permanente instructive sur la piraterie dans la Mer de Seto au 16e siècle, cette espèce de recréation de campement d’Oni frise le ridicule et ne peut se révéler intéressante que pour des enfants de moins de 10 ans. Et effectivement, si vous voyagez au Japon avec de jeunes enfants et que vous êtes dans la région, je peux vous conseiller la visite de la grotte, ça leur fera une attraction amusante, surtout s’ils commencent à se lasser de tous les temples où vous les avez emmenés. Dans une autre situation, n’y perdez pas votre temps.

À noter, au dessus de la grotte, au sommet de la colline, un jardin de cerisiers où les locaux vont pique-niquer lors de leur floraison mais je l’ai trouvé extrêmement mal entretenu, ce qui est surprenant un mois seulement après l’Hanami.

Et pour couronner le tout, le ciel était très couvert et la mer très brumeuse, et donc la vue, que je présuppose splendide par beau temps depuis ce sommet était elle aussi très décevante.

Bref, je ne suis pas sûr de retourner sur Megijima dans un futur proche. Ceci étant dit, si vous êtes dans la région pendant le Setouchi International Art Festival, je vous conseille toutefois d’aller voir ce qu’il s’y passe, on sait jamais.

 

Megijima

 

Megijima

 

Megijima

 

Megijima

 

 


View 20 mai 2010 in a larger map

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David Billa

David vient du Sud-Ouest de la France. Après quelques années passées aux États Unis et quelques autres à Paris, c'est aux abords de la Mer Intérieure de Seto qu'il s'est finalement posé. Subjugué par la beauté de cette région malheureusement si méconnue, il a créé ce blog pour vous la faire découvrir.

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  One Response to “Megijima (2e Jour – 20 mai 2010 – deuxième partie)”

  1. Aha mais t'es mieux en France xD J'avoue que rien qu'au texte on se rend compte du cote Too-much ! Si on avait l'équivalent Francais sa serait une grotte de nain de jardin ?

    Thomas / Easyjapon

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