Dec 302011
 

 

Peu de temps après mon installation à Takamatsu, bien entendu, je suis allé faire un tour sur Ogijima.

Voici le récit de cette après-midi en quelques photos :

 

La première bonne nouvelle du jour était que c’était Meon qui allait nous emmener sur Ogijima. Lors de mes dernières visites, c’était toujours son petit frère (sa petite soeur?) Meon 2 qui le faisait, et quelque part c’est plaisant de voir l’original reprendre du service du temps en temps.

 

À midi nous avons déjeuné à Madoka, comme en juin dernier. Le repas était toujours aussi délicieux. J’ai mangé des Sashimi (ci-dessus), 康代 a mangé du Tenpura de poulpe (ci-dessous). Notez la soupe de Miso avec des gros morceaux de poisson et de crabe dedans.

Notez aussi que les propriétaires dont je ne connais pas encore le nom se sont souvenus de moi. Il faut croire qu’ils n’ont pas beaucoup de clients étrangers, encore moins qui viennent plus ou moins régulièrement.

 

Vue de la Mer de Seto depuis l’extrémité nord du port d’Ogi. L’île que l’on voit sur la droite c’est Naoshima et le gros bateau est là pour nous rappeler que malgré l’isolement relatif des îles de la région, l’une des routes maritimes principales du Japon passe au beau milieu.

 

 

Entre novembre et mars, toutes les oeuvres d’Art Setouchi sont fermées pour l’hiver, mais nous avons eu l’agréable surprise de voir que les habitants de l’île prennent maintenant les choses en main pour rendre leur île vivante (ce qui est le but original du Setouchi International Art Festival). En l’occurrence, il y avait une expo-photo aux quatre coins du village avec des photographies de l’île datant pour la plupart des années 50.

 

Il y avait environ 250 enfants sur l’île (et environ 1000 habitants) dans les années 50. Pour mémoire, l’école a fermé l’an dernier, ses trois derniers élèves partant au collège à Takamatsu.

 

Vue depuis le port de la “côte est” d’Ogijima (oui, Ogi a en fait deux ports). À gauche, c’est Megijima vue d’un angle inhabituel.

 

Cette photo montre comment l’île était, il n’y a pas si longtemps que ça, recouverte de champs. De plus, même si les Onba font aujourd’hui partie de la tradition et de la culture de l’île, ils ne sont pas si anciens que ça. Il y a cinquante ans de ça, c’est sur la tête que les femmes d’Ogijima transportaient ce qu’elles avaient à transporter.

 

J’ai essayé de prendre la même photo que la précédente, mais l’arbre de droite a bien poussé et aurait gêné ce que je voulais vous montrer, en particulier le fait que les champs sont aujourd’hui devenus forêt.

 

Kamo-jinja, l’autre temple d’Ogijima. Un jour, il faudra que je m’y arrête un peu.

 

Il y a toujours des choses “kawaii” dans le jardin de cette maison. En fait, j’ai compris au cours de ce passage-ci qu’il s’agit d’un Minshuku. Il y en a donc trois sur Ogijima. Vous voyez, vous pouvez même y passer la nuit si vous le souhaitez.

 

Dans l’école en 1959.

 

À ma connaissance, les kiwis ne sont pas un fruit extrêmement communs au Japon. Mais sur Ogi, il y a un jardin qui en possède un certain nombre.

 

Les chaises de Shima Kokoro Isu n’ont presque pas bougé d’un poil depuis le Festival. Enfin, celles-ci, celles faites par les enfants de l’île. Les autres, comme je l’avais déjà mentionné en juin ont été “empruntées” de manière plus ou moins permanente par les vieux de l’île. Mais c’était le but.

 

Toyotama-hime Jinja, le temple principal d’Ogijima. Dans le temps, toutes les femmes enceintes de la région s’y rendaient avant d’accoucher, une des fonctions du Kami local étant que l’accouchement se passe sans problème. Nous arrivâmes au temple par l’arrière, là où les vieilles femmes de l’île se rassemblent souvent pour discuter (cf. Shima Kokoro Isu). Elles étaient seulement deux ce jour-là et la première chose qu’elles nous dirent en voyant l’état de 康代, c’est d’aller faire une prière au temple. Ce que nous avons bien sûr fait. En fait, quelques semaines auparavant, nous avions eu cette discussion (pas très sérieuse) qu’il ne fallait surtout pas oublier d’y aller avant la naissance du bébé. C’est donc chose faite.

 

Vue du port et du village depuis le temple de Toyotama-hime.

 

Si j’ai bien tout compris, il s’agit d’un Monument au Morts (les noms des gens sont inscrits dans le cadre inférieur). Les cordes, c’est parce qu’il est pas tout récent et installé à flanc de colline et qu’il ne faudrait pas qu’il tombe.

 

 

Nous sommes bien entendu passés à la Onba Factory, celle-ci est officiellement fermée jusqu’à fin mars, mais M. et Mme Oshima y sont presque tous les week-ends, et malgré le fait qu’ils étaient occupés et que nous soyons passés à l’improviste, ils nous ont accueilli à bras ouvert. Nous n’avons juste pas eu trop de temps pour discuter, mais ceci fut rattrapé dans le voyage de retour à Takamatsu, ils rentrèrent dans le même ferry que nous (le dernier de la journée).

 

Mais, j’ai déjà vu ce Onba quelque part moi! Ou alors si ce n’est lui c’est son “frère” (je confirme, c’est son frère).

 

Comme tout le monde ne peut pas avoir son propre Onba (vous et moi par exemple), il en existe maintenant des tout petits plus facilement transportables aux quatre coins du pays, voire du monde!

 

Même si à l’origine, Onba Factory c’est cinq personnes, depuis la fin du Festival, c’est surtout un lieu et Yoshifumi Oshima, les autres membres étant retournés à leur vie antérieure et/ou d’autres projets. Cela n’a pas empêché Atsushi Yamaberi d’installer quelques nouvelles oeuvres dans le Onba Café.

 

Le combi VW Onba!

 

 

Organ de Tomoko Taniguchi est toujours fidèle au poste.

 

Toujours pas de chance avec Maison de Urushi (en quatre tentatives, je n’ai pu la visiter qu’une seule fois, mais bon cette fois-ci c’était prévu qu’elle soit fermée). Et ne nous moquons pas de la faute d’anglais je vous prie, c’est des gens bien.

 

Ces harnachements sont des sortes d’ancêtres des Onba. Ils permettaient de porter des choses sur son dos et le système de cordes permettaient de charger et décharger sans se le briser. Pour l’anecdote, ils sont situés dans une maison abandonnée et semblent eux aussi abandonnés. D’une certaine façon, ils le sont. De l’autre, j’ai la drôle de sensation qu’ils ont été mis là de manière intentionnelle.

 

Depuis que je suis installé à Takamatsu, je regarde les maisons abandonnées d’Ogijima d’un autre oeil. Laquelle pourrait devenir ma résidence secondaire dans quelques années ? J’avoue que celle-ci ne serait pas pour me déplaire, même si vu son état, il faudrait plutôt la détruire et la reconstruire complètement.

 

La journée s’achève, il est temps de rentrer au port et d’admirer Ogijima’s Soul une dernière fois en attendant l’arrivée de Meon qui nous ramènera à Takamatsu.

 

 

Bye bye Ogijima. À très bienôt…

Si vous avez aimé ce que vous venez de lire ou de voir, la meilleure façon de me remercier est de partager cet article avec vos contacts sur les réseaux sociaux de votre choix.

Pour ne manquer aucun nouvel article abonnez-vous au flux RSS du blog ou bien par e-mail.

Et n'oubliez pas de me suivre sur Google+, Twitter et Facebook.

Les articles suivants pourraient vous intéresser:

The following two tabs change content below.

David Billa

David vient du Sud-Ouest de la France. Après quelques années passées aux États Unis et quelques autres à Paris, c'est aux abords de la Mer Intérieure de Seto qu'il s'est finalement posé. Subjugué par la beauté de cette région malheureusement si méconnue, il a créé ce blog pour vous la faire découvrir.

Latest posts by David Billa (see all)

  10 Responses to “Ogijima en novembre”

  1. ça fait rêver ,merci pour ce beau reportage
    à l’année prochaine ;)
    silia a récemment posté temple 6

  2. je fais mon possible pour revenir au japon l’an prochain ;)
    envie de voir ton île un peu mieux plus kyushu
    en fait pour voir tout ce que je veux voir, faudrait que je m’y installe ;)
    silia a récemment posté temple 6

  3. Très beau retour détaillé, avec un oeil différent maintenant, limite celle d’un (futur ? :) ) habitant.
    Je trouvais déjà dommage à l’époque des anciens articles de voir ces maisons abandonnées, et ce sentiment revient encore plus.
    En voyant le chat, j’ai cru voir le mien ! Même tronche et tout ! Bon c’est un Norvégien des forêts alors j’ai un doute pour celui de la photo… :)
    Bonne continuation.
    (C’est quoi ces horaires locales… ici il est 13:11 :) )

  4. Merci.
    Futur habitant, c’est toujours mon projet sur le long terme. ;-)
    Sinon oui, l’exode rural que subit les îles est terrible. J’en ai déjà parlé, j’en reparlerai plus que certainement, mais ces photos des années 50 le rappellent en permanence. À l’époque il y avait plus de 1000 habitants (et 250 enfants environ), aujourd’hui 200 habitants et moins de 10 enfants.
    Au niveau des maisons, je n’ai pas vraiment de chiffres, mais il y en a plus d’abandonnées que d’occupées.

    Ceci dit, le Festival a eu et continue d’avoir un réel impact positif, même s’il n’est pas suffisant pour l’instant.

    L’heure locale, c’est 8 heures en plus en hiver et 7 heures en été (donc au moment où tu as tapé ces lignes il était 21:11 ici)

  5. Bonne année et… félicitations.
    Béné a récemment posté Agenda de l’hiver

  6. Ce que j’ai surtout retenu de ces photos, c’est la nourriture…

 Leave a Reply

(requis)

(requis)

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

CommentLuv badge

Notify me of followup comments via e-mail. You can also subscribe without commenting.