The Art House Project


Quand j’ai commencé à entreprendre cette description plus ou moins détaillée des différentes œuvres du Setouchi International Art Festival, c’était pour l’inscrire dans ma promotion de la région (non, la Préfecture de Kagawa ne me paie pas pour faire ça… tiens, ce serait une idée d’ailleurs…) et pour que vous regrettiez de ne pas être allé au Festival cette année et donc, pour que vous réserviez vos dates dès maintenant pour sa deuxième édition dans trois ans (sérieusement, si vous n’avez pas d’idée de vacances pour votre été 2013, j’en ai pour vous).
Mais entre mon article d’hier et celui d’aujourd’hui, j’ai peur d’être un peu contre-productif. Car oui, je dois avouer l’affreuse vérité : non, je n’ai pas tout aimé dans le festival. Mais par souci d’éclectisme, je vous parle aussi de ces œuvres-là. Après tout, mes goûts ne sont pas forcément les vôtres, même s’il est bien sûr plus difficile de vous donner envie en parlant de quelque chose que l’on aime que peu ou pas.
Aujourd’hui donc : le Art House Project de Naoshima.

 

J’aime bien Naoshima. Vraiment. L’ambiance dans les rues est plaisante. L’île semble bien moins moribonde que ses voisines, tout en ayant gardé leur charme.
En fait, c’est le succès des tentatives de la Benesse Corporation de revitaliser Naoshima grâce à l’art depuis 20 ans qui a inspiré la mise en place du Festival (si j’ai bien tout suivi et bien que cela soit un peu plus complexe que cela).
Mais la chose qui m’a un peu gêné sur Naoshima c’est que l’art y devient de plus en plus « institutionnel ».
Un des exemples les plus flagrants (en dehors des musées présents sur l’île car bien entendu on ne peut pas faire plus flagrant qu’un musée quand il est question d’institutionnaliser de l’art) c’est le Art House Project, situé dans le village de Honmura.
Ce projet n’a pas attendu le Festival pour être lancé car si j’ai bien compris la première transformation de maison en œuvre d’art date de 1998 avec Kadoya. Car c’est plus ou moins de cela qu’il s’agit. Transformer de vieilles maisons abandonnées en œuvres d’art. Quoique cette définition n’est pas vraiment exacte. Il s’agit plutôt de transformer de vieilles maisons abandonnées en mini-musées ne contenant qu’une seule œuvre chacune, œuvre souvent intégrée à la bâtisse.
Je n’ai pas trop aimé cet Art House Project, bien qu’il parte d’une bonne intention, parce que bien qu’il prétende s’inscrire dans la culture locale c’est rarement le cas : il ne s’agit que – pour la plupart des maisons, mais pas pour toutes, il faut le souligner – de quelques œuvres conceptuelles de plus, n’ayant qu’un rapport très lointain avec la culture locale ou l’identité du lieu, juste de mini-musées dédiés à une œuvre unique en gros.
Je soulignerai aussi le fait qu’il est interdit d’y prendre des photos, interdiction qui m’agace au plus au point et qui est à mes yeux l’une des dérives néfastes du droit d’auteur de nos jours. Non, prendre une photo d’une œuvre n’est pas la reproduire, non, un artiste n’a pas à contrôler ce qu’un spectateur fait de l’image de son œuvre. Cette attitude est pour moi l’antithèse de ce que je louais deux articles plus tôt, il ne s’agit ici que de couper son œuvre du monde, de la croire comme supérieure au commun des mortels qui sont tout juste bons à la vénérer mais surtout pas à se l’approprier. Dommage, très dommage.
Quelques détails et précisions sur ces Art Houses :

Kadoya

Il s’agit donc d’une maison vieille de plus de 200 ans qui a été restaurée à la fin des années 90 et qui abrite aujourd’hui trois œuvres de Tatsuo MiyajimaSea of Time ’98, Naoshima’s Counter Window et Changing Landscape.
  • Je n’ai pas fait attention à Changing Landscape (ça commence bien) donc je ne pourrai trop vous dire de quoi il s’agissait.
  • Naoshima’s Counter Window est une fenêtre transformée en grosse horloge à cristaux liquides sauf que les nombres apparaissant sont plus ou moins aléatoires. Verdict : bof…
  • Sea of Time ’98 est peut-être l’œuvre la plus intéressante : une pièce sombre contenant un bassin tout aussi sombre (on ne voit pas où commence l’eau ni où elle finit) et dans lequel se trouvent un certain nombres de compteurs à LEDs. C’est beau, ça a le mérite d’avoir été conçu plus ou moins avec la participation des habitants du village (dans quelle mesure, ce n’est pas très clair), mais le concept (que j’ai déjà oublié) me parut bien fumeux – comme presque tous les concepts en art conceptuel, je serai tenté de rajouter.

 

Minamidera

Nous n’y sommes pas entrés, les places étaient limitées, il fallait prendre un ticket, le nôtre indiquait 15h00. Quand l’heure fut venue, nous étions de l’autre côté de l’île.

Voici toutefois une photo de l’extérieur.

 

Kinza

Nous ne l’avons pas vu non plus, c’est bien dommage, cette maison-là m’intéressait pas mal. Je ne sais plus pourquoi nous l’avons loupée, peut-être était-elle fermée ce jour-là. Ah non, il s’agissait en fait de la seule œuvre du festival où il fallait réserver à l’avance. Bizarre.

Go’o Shrine

J’ai vraiment aimé cette œuvre-ci, il s’agit en fait d’un temple shinto mais « contemporain ».
Bonne idée et bon résultat. Nous n’avons malheureusement pas vu le sous-sol qui se visite aussi, il y avait trop de monde comme pour beaucoup de choses sur Naoshima. Étrange fait que celui-ci : la plupart des œuvres sur Naoshima y sont de manière permanente, pourtant il s’agissait de l’île qui avait le plus de visiteurs et de loin, c’était aussi l’île qui comptait le plus de visiteurs étrangers. Je suspecte les gens qui n’avaient pas le temps de voir toutes les îles de passer forcément par celle-ci, car elle est la plus célèbre. Encore ce souhait de ne vouloir découvrir que les choses que l’on connaît déjà un peu, je suppose.

 

 

Ishibashi

Une maison vieille de 100 ans environ qui appartenut à un riche marchand de sel. Maintenant on y trouve deux très belles peintures de Hiroshi Senju. Plus de détails . Mais même là, alors que la maison et les tableaux étaient magnifiques, il y avait cette sensation accentuée par le « pas de photos, » « pas toucher, » presque « pas respirer » très agaçant qui tuait toute vie dans un bâtiment qui ne demande qu’à être occupé et vécu.

Gokaisho

J’ai à peu près rien à dire dessus sinon : bof. Deux liens ici si vous souhaitez plus de détails.

Haisha

Il s’agissait autrefois d’une petite clinique de dentiste. J’aime bien ce que l’artiste, Shinro Ohtake en a fait à l’extérieur, mais l’intérieur est assez inintéressant, on se croirait presque dans certaines galeries parisiennes du 3e arrondissement.
Voila, c’est fini pour aujourd’hui, désolé, tous les articles ne peuvent pas être passionnants. 😉

Je vous rappelle toutefois que le Art House Project reste ouvert de manière permanente du mardi au dimanche de 10h00 à 16h30. Le prix d’admission est de 400 ¥ par maison ou 1000 ¥ pour le passe permettant l’accès à toutes les maisons.
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A propos de David Billa

David vient du Sud-Ouest de la France. Après quelques années passées aux États Unis et quelques autres à Paris, c'est aux abords de la Mer Intérieure de Seto qu'il s'est finalement posé. Subjugué par la beauté de cette région malheureusement si méconnue, il a créé ce blog pour vous la faire découvrir.

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