Triennale de Setouchi sur Shodoshima – Troisième Partie


Aujourd’hui, je vous ramène sur Shodoshima et au début de l’été pour vous montrer quelques œuvres que l’on peut trouver à la pointe sud de la péninsule de Mito (elle-même pointe sud de Shodoshima). C’est l’un des sites de la Triennale de Setouchi qui reçoit le moins de visiteurs, parce que loin des « grands axes » de visite, parce que difficile d’accès sans voiture (très peu de bus, quelques rudes montées en vélo, loin des ports de ferry, etc.), et c’est vraiment dommage, parce que c’est loin d’être le coin le moins intéressant.

On y trouve l’une de mes œuvres préférées et le village de Konoura (prononcer « kôno-oula ») est un village où les habitants sont aussi accueillants que ceux d’Ogijima et il semble y faire tout aussi bon vivre.

Mais entrons de suite dans le vif du sujet, je n’ai pas toute la soirée et vous non plus.

Et nous commençons avec une maison !

 

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Une maison tout ce qu’il y a de plus normal. Mais en y regardant de plus près, cette maison contient des choses assez uniques. Vous voyez la petite boîte au premier plan ? Celle avec une loupe à côté ? Dedans, il y a ça :

 

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Désolé, la photo est un peu floue (note pour moi-même : toujours prendre plusieurs exemplaires des petites choses), mais vous aurez reconnu une très petite sculpture d’un tigre et d’un poisson.

Qu’est-ce que cela a d’unique me direz-vous ?

C’est-à-dire qu’il s’agit d’une sculpture, et d’une sculpture très spéciale puisqu’elle est faire en gomme ! Mais attention, pas en gomme achetée à la papeterie du coin et sculptée avec un outil tranchant et avec plus ou moins de succès (comme je faisais parfois au collège… avec plutôt moins de succès…). Non, il s’agit ici plus précisément de pelures de gomme. Et pas n’importe quelle pelures de gomme non plus. L’artiste, Saya Irie, a gommé des dessins, en prenant bien soin de gommer chaque couleur séparément et de récolter et de trier les pelures à chaque fois. Puis avec ces mêmes pelures, elle a reconstitué le dessin gommé. Un travail de titan lilliputien au résultat parfois époustouflant, même si comme pour beaucoup d’œuvres, les photos auront du mal à lui rendre justice (encore plus quand elles sont ratées).

Certainement pour rendre l’œuvre plus « naturelle », les sculptures étaient donc situées dans une maison, certes vieille, mais qui ne semblaient pas du tout abandonnée :

 

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Habituellement, les œuvres les plus impressionnantes sont aussi les plus grandes. On pense au Teshima Art Museum, à Dream of Olive, à Beyond the Border – the Ocean, j’en oublie. Pourtant, l’une des œuvres les plus impressionnantes cette année et aussi l’une des plus petites.

Vous la voyez ?

 

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Et là ?

 

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Pas plus de 10 cm de haut. En pelures de gomme…

L’œuvre s’appelle Kukuruhime Garden.

 

Nous nous dirigeons ensuite à la pointe sud de Shodoshima pour y découvrir une œuvre en deux parties par Toshimitsu Ito. Tout d’abord Boy and Monster :

 

 

Ensuite on descend sur la plage pour découvrir l’œuvre au nom le plus long du monde : This sculpture has a life of ten thousand years, and in the span of a man’s life moves about ten meters. Qui peut se traduire par « cette sculpture a une longévité de dix mille ans, et se déplacera d’environ dix mètres au cours de la vie d’un homme. »

 

 

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Je ne sais toujours pas qu’en penser… Une partie de moi adore… Une autre beaucoup moins.

Puis direction le village (ou plutôt le hameau) de Tanijiri pour un peu de land art :

 

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Garden of the Border de Mitsuharu Doi

 

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Au passage, juste un poil au nord se trouve une île, qui n’est réellement qu’un gros rocher, du nom de Hanasuwajima. Nom qui vous est peut-être familier car c’est l’îlot qui a inspiré Kana Kou pour son œuvre The Secret of Hanasuwajima qu’il faudra que je vous montre un de ces jours (mais qui est situé à quelques kilomètres de là) :

 

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Ensuite, retour à Konoura pour y retrouver James Jack et sa Sunset House. D’ailleurs, je me surprends à n’en avoir jamais parlé auparavant. Si vous lisez l’anglais, je vous conseille plus que chaudement de lire la fascinante interview que James m’avait accordée il y a trois ans.

Si cette œuvre, hautement conceptuelle, peut paraître assez obscure, son sous-titre est une piste : Language as the House of Being (soit : « Langage en tant que Maison de l’Être »). La maison est importante pour ce qu’elle est, plus que par ce que l’on y voit. Une vidéo (en anglais et japonais) à l’intérieur de la maison peut vous aider à comprendre. Sinon, reste un bâtiment et un jardin intéressants :

 

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James Jack posant sérieusement (parce que c’est pour mon blog quand même 😉 ) après avoir passé un bon moment à faire l’imbécile avec ma fille (mais chut, il a une image d’universitaire sérieux à préserver – d’ailleurs tout ceci est juste pour vous, ce commentaire n’apparaîtra pas dans la version anglophone de l’article).

 

Après avoir dit au revoir à James, direction une autre œuvre permanente de Konoura.

 

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Il s’agit de Stories – House – de Yume Akasaka, mais aujourd’hui vous n’en verrez que ceci, malgré le fait qu’il s’agisse de l’une de mes œuvres préférées de toute la Triennale :

 

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Pourquoi ? C’est simple, en mars dernier, James m’avait présenté à Ms. Akasaka, et comme elle aussi était présente ce jour-là, elle m’a présenté son travail, et tout cela fera l’objet d’un futur article qui lui sera entièrement consacré.

Nous terminerons donc notre tour de Konoura en été par Hitoriodori (Dansant Seul) de Charles Worthen, presque du ready-made et pas trop ma tasse de thé :

 

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Je pense que je retournerai à Konoura en octobre, donc vous retrouverez ce village qui m’est très sympathique tôt ou tard sur le blog, et malgré son emplacement, si vous visitez Shodoshima, ne l’oubliez pas sur votre itinéraire.

 

 

 


A propos de David Billa

David vient du Sud-Ouest de la France. Après quelques années passées aux États Unis et quelques autres à Paris, c'est aux abords de la Mer Intérieure de Seto qu'il s'est finalement posé. Subjugué par la beauté de cette région malheureusement si méconnue, il a créé ce blog pour vous la faire découvrir.


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2 commentaires sur “Triennale de Setouchi sur Shodoshima – Troisième Partie

  • MARIE FITON

    Merci David pour tous ces reportages sur la Triennale. ..Belle decouverte que cette partie de l’ile Shodoshima. ….
    Un jour j’espere y aller….l’an dernier j’ai du annuler mon tour de l’ile Shikoku….c’est à nouveau dans mes projets…
    Cordialement

    • David Billa Auteur du billet

      Merci beaucoup pour ce gentil mot Mme Fiton.
      J’espère que vous pourrez retourner dans la région le plus tôt possible, et que vous pourrez visiter quelques îles. N’oubliez pas, elles sont fascinantes même quand c’est une période sans festival.
      Bien à vous.