Your First Colour (Solution in my Head, Solution in my Stomach)


 

J’y avais déjà fait allusion au moment de son ouverture, lancement, vernissage, mais j’en reparle un petit peu, vu que j’ai enfin vu la chose en juin dernier. Je veux parler de Your First Colour (Solution in my Head, Solution in my Stomach) de Pipilotti Rist, la dernière oeuvre en date d’Art Setouchi qui a la particularité d’avoir été mise en place après la fin du Setouchi International Art Festival 2010.

Elle est située à Karato, littéralement à deux pas de Shima Kitchen (dans l’ancienne réserve je crois), sur l’île de Teshima.

Et de quoi donc s’agit-il alors ?

Mmm…

Comment dire ?

Je me souviens avoir déjà exposé sur ce blog mon problème principal avec certains des artistes impliqués dans le Festival d’Art de Setouchi, j’avais même remarqué que c’était surtout les artistes européens qui posaient problème. Je veux parler du fait qu’un certain nombre d’artistes semblaient plus se servir du Festival pour leur propre promotion au Japon qu’autre chose. J’entends par là que là où certaines oeuvres (les meilleures) prenaient en compte la culture, les spécificités des îles de la Mer Intérieure de Seto, voire tout simplement s’y intégraient à merveille pour une raison ou pour une autre ; il y avait aussi d’autres artistes qui posaient tout simplement leur oeuvre là où on le leur avait dit, et que ce soit sur une des îles ou n’importe où ailleurs dans le monde ne semblait avoir aucune espèce d’importance. D’ailleurs bien souvent, l’emplacement de l’oeuvre n’était visiblement pas entré en ligne de compte dans le processus de création (quand l’artiste ne refourguait pas carrément une oeuvre vieilles de plus de 15 ans, oui c’est à toi que je fais allusion Olafur Eliasson).

Et j’ai un peu l’impression que nous sommes ici dans cette configuration. Dois-je en déduire que les artistes contemporains européens sont tous bien trop dans leur trip et préoccupés par leur nombril et leur compte en banque pour pouvoir s’intéresser ne serait qu’un minimum à la région qui les invite ainsi à exposer leur travail ?

En d’autres termes, Your First Colour (Solution in my Head, Solution in my Stomach) a un certain attrait esthétique, mais je me demande vraiment ce qu’elle vient faire là, au centre de Karato sur Teshima.

De quoi s’agit-il au final ?

D’une espèce de film.

Quand vous entrez dans le petit bâtiment, vous vous retrouvez plus ou moins dans l’obscurité à l’exception d’une petite fenêtre et d’un grand écran circulaire suspendu au dessus de vous. Sur cet écran est projeté un film plus ou moins abstrait et je présuppose hautement conceptuel. Il n’y a pas de paroles, juste une musique elle aussi plus ou moins abstraite. On y devine une femme, des plantes, quelques insectes, mais comme le tout est filmé en gros plans et en objectif fisheye, difficile de bien comprendre ce que l’on voit. J’ai bien ma petite idée sur l’histoire « contée » mais je me garderai bien de me lancer dans des interprétations publiques ici.

Le résultat n’est pas forcément horrible, le tout possède un esthétisme indéniable, mais au final on n’en retire pas grand-chose sinon la vague sensation qu’on aurait peut-être dû dépenser les 300 ¥ que coûte la chose dans un café à Shima Kitchen juste à côté ou bien dans Storm House un peu plus loin.

Bref, je ne vous déconseille pas totalement d’y jeter un oeil quand vous irez sur Teshima, mais sachez que vous prenez des « risques » sauf si vous êtes inconditionnels d’art contemporain européen (à tendance gravement conceptuel donc).

Voici quelques photos pour vous aider à vous faire une idée de la chose :

 

 


A propos de David Billa

David vient du Sud-Ouest de la France. Après quelques années passées aux États Unis et quelques autres à Paris, c'est aux abords de la Mer Intérieure de Seto qu'il s'est finalement posé. Subjugué par la beauté de cette région malheureusement si méconnue, il a créé ce blog pour vous la faire découvrir.

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