Was du liebst, bringt dich auch zum weinen


Oui, un titre allemand pour l’œuvre du jour : Was du liebst, bringt dich auch zum weinen, ce qui veut dire en gros “Tout ce que tu aimes te fait pleurer” (merci à Thias pour la correction)

Comme vous l’aurez deviné, cette œuvre a été faite par un artiste allemand du nom de Tobias Rehberger qui est assez célèbre si je ne m’abuse et qui est située dans le village d’Ieura sur Teshima.

Si vous vous rendez un jour sur Teshima (chose que je vous conseille plus que chaudement) vous débarquerez très probablement à Ieura, puisque c’est là qu’accostent les bateaux et ferries en provenance de Takamatsu, Naoshima et Okayama) vous tomberez très certainement sur cette œuvre qui est permanente et située au bord de la mer, sur le port, à deux pas de là où accostent les ferries.

En fait d’œuvre il s’agit d’un café-restaurant, et s’il passe plus ou moins inaperçu vu de dehors, une fois dedans vous saurez sans aucune hésitation que vous êtes arrivés à destination :

 

Was du liebst, bringt dich auch zum weinen

 

D’ailleurs, même si l’œuvre n’est pas déplaisante loin de là, elle jure quand même pas mal avec l’environnement dans lequel elle est située, même si ça passe justement parce qu’elle est en intérieur, mais sachez que vu de dehors le bâtiment dans lequel elle est située a tout d’un bâtiment traditionnel.

Qu’en dire de plus sinon qu’il pique un peu aux yeux, même si, en fait, une fois dedans, c’est moins gênant qu’en photo. Je ne la conseillerai toutefois peut-être pas à une personne sujette à des vertiges.

On peut consommer divers plats et boissons, je ne vous en ferai pas une critique, je n’ai rien goûté sur place.

 

Was du liebst, bringt dich auch zum weinen

 

Je terminerai en soulignant quelque chose qui me turlupine un petit peu quand même.

Cette œuvre est certes intéressante, j’aurais même envie de dire originale… Quoique… Il y a quinze ans de ça, j’ai voulu – oh, ça n’a pas duré plus de deux semaines – me lancer dans l’art contemporain. Non pas par passion mais pour prouver un truc à quelqu’un (c’est d’ailleurs pour cela que ma carrière d’artiste contemporain fut si courte). Or, les trois œuvres que j’ai conçues (mais jamais réalisées) pendant ces quinze jours ressemblaient en fait très fortement à ce Was du liebst, bringt dich auch zum weinen, puisqu’il s’agissait d’objets recouverts de lignes parallèles blanches et noires avec des touches de rouge ici ou là. J’avoue que ça faisait un peu bizarre de me retrouver face à – peu ou prou – mon projet d’il y a 15 ans.

Mais ce n’est pas là que le bat blesse.

Le problème que me pose cette œuvre, c’est qu’elle n’est pas du tout originale dans le sens où, à la Biennale de Venise 2009, Tobias Rehberger a fait pratiquement la même œuvre avec le même nom (et là aussi il s’agissait d’une cafeteria) !!! Il aurait même reçu un prix pour celle-ci !

Le pire c’est qu’il n’est pas le seul au Setouchi International Art Festival à avoir fait ça, je pense aussi à un autre artiste, un Danois, que je ne citerai pas – je le boycotte sur ce blog, mais si vous cherchez sur le site officiel du festival vous trouverez facilement – qui a refait exactement la même œuvre qu’une de ces anciennes œuvres d’il y a une quinzaine d’années, en plus c’est quelque chose qui doit prendre à peine quelques heures à faire. Une honte !

Au moins Rehberger, s’il n’a rien créé de nouveau, a pas mal bossé pour transformer ce café tel qu’il l’a fait.

 

Was du liebst, bringt dich auch zum weinen

 

Je soupçonne d’autres artistes d’avoir fait de même, peut-être dans la Fukutake House (je vous tiendrai au courant si j’en déniche d’autres).

Ce genre de fumisterie m’énerve au plus haut point. J’ai déjà parlé de certains artistes qui venaient au Festival et faisaient leur œuvre à eux, sans aucun lien avec le lieu où ils étaient – contrairement donc à l’idée du Festival – mais là c’est pire, c’est un manque de respect pour à peu près tout le monde : les habitants des îles qui ne doivent pas être assez bons et trop ploucs aux yeux de ces artistes pour mériter de leur part une œuvre nouvelle et créée pour l’occasion. C’est un manque de respect pour les autres artistes, ceux qui se sont vraiment impliqués dans ce Festival, qui ont travaillé dur et qui ont montré un vrai respect pour leurs hôtes. Et finalement, c’est un manque de respect pour les visiteurs pour des raisons évidentes que je n’ai pas besoin d’énumérer.

Bon, Rehberger n’est pas exactement dans ce cas, comme je disais, il y a un vrai travail concret dans ce bâtiment. Mais c’est limite…

 

Was du liebst, bringt dich auch zum weinen

 

Was du liebst, bringt dich auch zum weinen

 

Was du liebst, bringt dich auch zum weinen

 

Was du liebst, bring dich auch zum weinen est ouvert du mercredi au dimanche de 10h00 à 17h00.
Le prix d’admission est de 300 ¥ (mais c’est gratuit pour les gens qui viennent consommer).

 


A propos de David Billa

David vient du Sud-Ouest de la France. Après quelques années passées aux États Unis et quelques autres à Paris, c'est aux abords de la Mer Intérieure de Seto qu'il s'est finalement posé. Subjugué par la beauté de cette région malheureusement si méconnue, il a créé ce blog pour vous la faire découvrir.


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4 commentaires sur “Was du liebst, bringt dich auch zum weinen

  • David

    🙂

    Oui, c'est vrai que j'aurais du ralentir le rythme pendant les fêtes (mais avec tout ce temps libre à rien faire…) j'ai l'impression que nombreux sont ceux dans ton cas. En plus j'ai été con de parler de Onba Factory à ce moment-là (je me demande combien de monde a vraiment lu ces posts qui me tiennent pourtant le plus à coeur)