Les Sept Dieux du Bonheur


 

Les Sept Dieux du Bonheur sont parmi les divinités les plus communes et les plus populaires du Japon et représentent à mes yeux parfaitement la religion à la japonaise par bien des égards, le principal étant que si ces dieux semblent presque inséparables, ils trouvent en fait leurs origines dans des religions diverses et variées, principalement le shintoïsme et le bouddhisme, mais aussi l’hindouisme et le taoïsme.

On les retrouve d’ailleurs tout aussi fréquemment dans les temples bouddhistes que dans les sanctuaires shintō.

Ils sont souvent représentés dans leur navire, le Takarabune (le navire-trésor) dans lequel ils arrivent le dernier jour de l’année pour apporter leurs trésors. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on offre souvent de l’argent aux enfants pour le Nouvel An et que cet argent est dans une enveloppe rouge sur laquelle est représentée un bateau.

Ces Sept Dieux du Bonheur, qui sont-ils ?

En voici une brève présentation.

 

Ebisu et Daikokuten

 

Je ne sais pas si c’est le cas dans tout le Japon, mais du côté de chez moi, j’ai l’impression que ces deux-là sont les plus communs et les plus populaires, donc commençons par eux. Notez aussi que les trois premières photos de cet article ont été prises à Yashima-ji que je vous conseille chaudement de visiter quand vous passerez à Takamatsu.

 

Ebisu

Ebisu est le seul des Sept Dieux à être d’origine japonaise. Il est le dieu des pêcheurs, des marchands, du travail honnête, de la prospérité (et aussi de la santé des enfants?).

Il est presque toujours représenté vêtu d’un simple kimono de travail, avec une canne à pêche dans une main et une dorade dans l’autre.

On dit souvent qu’il est un peu sourd, et c’est pour cela que l’on fait du bruit quand on le prie (taper dans les mains, faire sonner un gros grelot, etc.)

 

Daikokuten

Apparaissant souvent avec Ebisu (on les dit parfois père et fils ou maître et apprenti, ils protègent tous deux les petits commerces), Daikokuten serait une “adaptation” du dieu hindou Shiva (son nom peut être traduit par “grand dieu noir”).

Il est le dieu de la richesse et de la prospérité, mais aussi du foyer et de la cuisine (la pièce dans la maison, pas la gastronomie… quoique).

Il est un peu bedonnant et porte presque toujours un gros sac de riz et un maillet. Le sac de riz symbolise l’abondance de nourriture (d’ailleurs parfois, il est entouré de souris mangeant du riz, mais il a tellement de nourriture qu’il ne s’en soucie pas). Le maillet (Uchide no kozuchi) est magique et peut exaucer les voeux, surtout quand ces voeux ont trait à gagner de l’argent.

 

Bishamonten - Jurōjin - Hōtei

Bishamonten, Jurōjin et Hōtei

 

Bishamonten

Bishanmonten est la version japonaise du dieu bouddhiste Vaiśravaṇa qui est lui même issu du dieu hindouiste Kubera.

Il est une figure importante du bouddhisme puisqu’il est le chef des quatre gardiens de Bouddha. Il est le gardien du Nord (dans le temple ou dans la maison) et un dieu guerrier qui punit ceux qui sont coupables de mauvaises actions. Il protège aussi les richesses.

Il est représenté le plus souvent en armure, avec une lance dans une main et une pagode dans l’autre, cette dernière symbolisant la demeure des trésors divins.

Il es parfois appelé Tamonten (celui qui écoute de nombreux enseignements) car du fait de son statut de protecteur de Bouddha, il l’entend prêcher très souvent.

 

Jurōjin

Jurōjin est lui issu du taoïsme. Il est le dieu de la longévité et l’incarnation de l’étoile polaire du Sud.

Il est parfois assimilé à Fukurokuju (ils occuperaient le même corps, ils seraient le même dieu… ou pas… dans le cas des Sept Dieux, plutôt “pas” donc).

Sa représentation physique est presque toujours celle d’un petit vieil homme à la longue barbe et s’aidant d’un bâton pour marcher et auquel est parfois attaché un parchemin sur lequel est inscrite la longévité de tous les êtres vivants. Il possède parfois un éventail et peut être accompagné d’un ou plusieurs animaux : une grue, un cerf et/ou une tortue)

 

Hōtei

Hōtei est probablement celui des sept dieux qui est le plus connu en Occident car il est l’une des figures majeures du bouddhisme et du taoïsme. Il est souvent appelé “Bouddha rieur” et du coup, les Occidentaux le confondent souvent avec Bouddha, alors qu’en fait ce n’est pas du tout lui. Il serait issu d’une personne réelle, un moine bouddhiste chinois du nom de Chan et qui aurait vécu au 10e siècle.

Il est le dieu de la prospérité, de la plénitude et du contentement.

Il est habituellement très reconnaissable : un homme obèse, chauve, aux grandes oreilles et au sourire encore plus grand. Il n’a que peu de possessions et est habillé simplement (il se contente de peu), et il est très souvent entouré d’enfants qu’il aime et protège.

On le retrouve à peu près partout au Japon (et dans toute l’Asie de l’Est). Une tradition encore très vivace dit que lui frotter le ventre porte chance.

 

Fukurokuju - Benzaiten

Fukurokuju et Benzaiten

 

Fukurokuju

Très similaire à Jurōjin (comme mentionné précédemment, ils sont parfois considérés comme le même dieu, parfois on dit aussi que Jurōjin est son petit-fils) Fukurokuju est lui aussi issu du Taoïsme. Il est dieu de la longévité et de la sagesse, auxquels on ajoute parfois virilité et fécondité.

Il est toujours représenté avec un crâne très allongé. Lui aussi possède un bâton avec un parchemin et lui aussi est parfois accompagné d’un cerf, d’une grue ou d’une tortue.

 

Benzaiten

Finalement, Benzaiten est la seule femme du groupe. Parfois appelée Benten, elle est la version japonaise de la déesse hindou Saraswati.

Elle est la déesse des arts (tout particulièrement de la musique), de l’éloquence et du savoir, mais aussi de l’eau et de la mer.

Elle est représentée avec un biwa dans les mains et très souvent avec un serpent ou un dragon à ses côtés.

 

Les Sept Dieux du Bonheur à Zentsū-ji

Les Sept Dieux du Bonheur à Zentsū-ji.

 

Voila, j’espère que cette succincte présentation des Sept Dieux du Bonheur vous aura intéressé et que maintenant ils seront un peu moins abstraits quand vous les croiserez dans ce blog ou ailleurs.

 

 


A propos de David Billa

David vient du Sud-Ouest de la France. Après quelques années passées aux États Unis et quelques autres à Paris, c'est aux abords de la Mer Intérieure de Seto qu'il s'est finalement posé. Subjugué par la beauté de cette région malheureusement si méconnue, il a créé ce blog pour vous la faire découvrir.


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